Allaiter, c’est le pied! (Partie 1)

(Préambule : Ceci  n’est pas un texte anti-biberon, je préfère 1000 fois un bébé biberonné et une maman qui est bien dans ses baskets, qu’une maman qui vit mal son allaitement, et s’y force.)

 

Je ne savais pas 15 jours avant d’accoucher de SuperNenette™ si j’allais la nourrir au sein ou au biberon. Mes rares amies mamans n’avaient pas allaité, et je n’avais pas vraiment abordé le sujet avec ma mère ou mes sœurs, qui elles, avaient allaité. SuperPapa™, lui, souhaitait que j’allaite, tout en respectant mon choix évidemment.

Ma crainte numéro un, c’était que j’avais peur d’avoir mal. Et j’entendais les arguments de mes amies qui me faisaient franchement hésiter :

-         Je connais quelqu’un qui a eu des crevasses, il paraît que ça fait super mal ! D ‘ailleurs elle a arrêté, car ça ne se passait pas bien.

-         Mes seins, c’est MON corps, c’est sensuel, je ne peux pas les montrer, c’est trop intime.

-         Les seins plein de lait, ça fuit, paye ta honte en public…

-         Je veux que le papa participe (ou bien : Papa veut participer), je veux qu’il se lève lui aussi la nuit pour donner des biberons.

-         J’ai pas envie de me priver de boire un verre, j’m’en suis déjà privé neufs mois !

-         Y’a plein de bonnes choses dans le lait artificiel. Des vitamines, du fer, des acides gras, je suis sure que mon bébé aura ce qu’il lui faut, c’est étudié pour.

-         Je peux savoir combien il a bu après son biberon, alors qu’après une tété, c’est pas possible.

-         Mes seins sont minuscules, comment veut-tu que je l’allaite ?

-         J’ai vu une amie allaiter son bébé jusqu’à 3 ans ! Tu te rend compte? Faut être fou !

-         Faut sevrer pour reprendre le boulot, le bébé est habitué au sein, ça peut mal se passer et c’est compliqué il paraît.

Plein d’arguments, que je ne trouvais pas forcément idiots. Alors j’ai assisté à la réunion donnée par ma maternité pour au moins ne pas regretter de pas m’être correctement renseignée et ne pas me contenter de « il paraît ».

Je savais déjà que le lait maternel était très bon pour la santé de l’enfant, que c’était gratuit, et que c’était pratique car tu n’as pas à te trimballer l’eau, la poudre, le biberon, le chauffer sur place etc… (oui je suis une radine et une faignante…). C’était pour moi les seuls arguments « pour » que je connaissais. Cette réunion a été très instructive, et même si j’y ai vu en vidéo les fameuses crevasses (beurk !), j’y ai appris plein de choses, j’ai reçu le guide de l’allaitement, j’ai appris l’existence des « tires-laits »… Je me rappelle aussi des mots « le lait maternel, c’est de l’or en barre », et que donc, c’était encore mieux que du lait en poudre. Je suis ressortie de la réunion en me disant que ça valait le coup d’essayer, quitte à changer d’avis plus tard si c’était trop difficile ou compliqué.

J’ai mis 1 mois et demi à être à l’aise avec l’allaitement, et j’me suis accrochée. J’ignorais alors encore dans quelle formidable aventure je me lançais.

J’ignorais que j’allais trouver mon équilibre dans cet acte naturel que celui de nourrir ma fille grâce à mon propre corps. J’ignorais qu’une tétée me mettrait dans cet état d’osmose et de bien-être total avec elle (on remercie les doses d’ocytocine et de prolactine libérées par la tété, parfois, je me sentais même limite « shootée »). J’ignorais que j’allais adorer la voir s’endormir au sein avec la bouche encore dégoulinante de mon lait. Que je serais juste bien avec elle, que je n’aurais surtout pas envie de la coucher pour la garder encore un peu plus longtemps endormie contre moi. Que j’aimerais autant voir son regard posé sur moi pendant les tétées.

J’ignorais que j’allais totalement prendre mon pied à allaiter !

J’ignorais que cette aventure allait durer 14 mois, jusqu’à ce que NuméroDeux™ vienne se nicher au creux de mon ventre et que les hormones (et la phase d’opposition débutante de SuperNenette™) tarissent la source.

Allaiter c’est donner le meilleur à son enfant. L’allaitement exclusif est recommandé par l’OMS jusqu’aux 6 mois de l’enfant.

Car le lait maternel c’est plein d’anti-corps de maman. Si un virus passe par là  (rhume, grippe, gastro… ), la maman développe les anti-corps qui vont protéger son bébé du virus. Le lait maternel, ça change de goût tout les jours et prépare l’enfant à la diversité des goûts. L’allaitement éloigne les risques de cancer du sein, de l’ovaire, d’ostéoporose, d’anémie chez la maman. Son utérus se replace mieux et plus vite en post-partum. La perte de poids est favorisée (normal, bébé boit les graisses accumulées sur les hanches de maman pendant la grossesse !) Moi-même, j’ai perdu 5kg de plus qu’avant la grossesse du fait de mon allaitement long, et sans rien faire d’autre que de prendre mon pied, n’est-ce pas merveilleux? :)

Cela réduit les risques d’obésité, d’allergies, d’otites, d’infection gastriques, ORL chez l’enfant. C’est plus digeste que le lait artificiel. Cela développe ses muscles de mâchoires de la meilleure façon (donc moins de soins orthodontiques). Les bébés allaités ont un meilleur développement cognitif.

Tout ça, ce sont des choses qu’un biberon de lait artificiel n’apportera jamais. Tu prendras note que je ne parle pas du lien mère-enfant souvent dit « favorisé par l’allaitement », car je refuse de dire que ce lien n’est pas créé par un biberon de lait artificiel. D’ailleurs, je ne chercherais jamais à convaincre une maman qui ne veut pas allaiter. Et je ne dirais JAMAIS qu’un enfant biberonné est moins aimé qu’un enfant allaité. Je préfère grandement un bébé nourri au biberon avec une maman sûre de son choix, qu’une maman qui allaite et qui se trouve mal dans sa peau à cause de ça. Par contre, si on me questionne sur le sujet parce qu’on s’interroge, je saurais argumenter en faveur de l’allaitement, forcément ;)

L’allaitement, c’est quelque chose qui se vit. C’est intime, c’est beau, c’est naturel, c’est humain, c’est charnel. Aucune réunion d’information ou site internet ne pourra expliquer ça. C’est inexplicable. Ça se vit, juste, c’est tout…
allaiter

(Dans la partie 2, je t’expliquerai pourquoi tout les arguments cités par mes amies au début de cette partie 1 sont de mauvais arguments, des idées reçues par l’entourage, par la société… Ils ne sont pas tous forcément faux, mais on s’adapte tellement bien à ces « contraintes » quand on allaite… Mais ça je ne l’ai su que bien plus tard…)

 

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