Allaiter, c’est le pied! (Partie 2)

Dans la première partie, je t’expliquais comment je me suis épanouie à travers l’allaitement. Comment j’y ai trouvé du plaisir, comment j’y ai tout simplement pris mon pied! Je t’ai aussi expliqué tout ce que ça apporte de bon pour la santé des bébés et des mamans. Je t’expliquais aussi qu’avant d’essayer, j’ai entendu beaucoup d’arguments qui ont failli me faire passer à coté de cette aventure. Maintenant que je suis un peu plus calée en allaitement, je vais t’expliquer, sans juger, pourquoi ces arguments étaient (sont) des idées reçues. Et s’ils ne sont pas toujours faux, il est faux de penser qu’on ne peux rien y faire.

 

-          Je connais quelqu’un qui avait des crevasses, il paraît que ça fait super mal ! D’ailleurs elle a arrêté. Et puis y’a les engorgements aussi.
C’était ma crainte n°1. Ensuite, j’ai appris que la douleur n’est pas normale en allaitement. Donc si on a une souffrance quelconque, ON CONSULTE SANS ATTENDRE! Les associations de soutien à l’allaitement (Leche-league, Solidarilait) sont extra, que dis-je, génialissimes, c’est le top du conseil. Elles veillent (presque) jour et nuit avec des permanences téléphoniques. On peut aussi voir avec une sages-femme libérale, ou bien sa maternité. Attention toutefois à ne pas trop chercher d’infos sur internet, car chaque cas est unique, et on a vite fait de lire de mauvaises infos sur les forums, et de croire qu’on a un cancer du sein alors qu’on a un simple canal bouché…

-         mes seins, c’est MON corps, c’est sensuel, je ne peux pas le montrer, c’est trop intime.
Ne pas confondre intimité et sexualité ! L’intimité sera toujours là, mais celle avec l’enfant est juste différente. Cette intimité là est juste celle d’une mère et de son bébé dans un acte le plus simple et naturel : le nourrir. Et puis si vraiment ça gène d’allaiter en public par pudeur,  on  trouve toujours un petit coin (cabine d’essayage, banc…), ou bien on emmène un châle pour se cacher un peu. Moi-même, je n’allaitais pas en présence de mes amis, mais plus pour leur éviter à eux de se sentir gênés. Par contre, ça ne me gênait pas du tout d’allaiter en présence de ma maman. On s’adapte au public quoi!

-         Les seins, ça fuit, paye ta honte en public.
Ça, ça arrive, surtout au début, lorsque la lactation n’est pas encore bien instaurée. On apprend là aussi à le gérer avec des coussinets d’allaitement ou des coquilles que l’on place dans le soutien-gorge (attention, les coquilles, c’est pas ce qu’il y a de plus discret dans le soutif :p) Après, la lactation s’adapte aux besoins du bébé, ça se régule et on n’a plus de « fuites ».

 - Je veux que le papa participe (ou bien : Papa veut participer), je veux qu’il se lève lui aussi la nuit pour donner des biberons.
Papa pourra trouver une autre place : donner le bain, l’habiller, le bercer, jouer, changer les couches (ça, c’est pas un argument qui plaît aux papas normalement, donc on dira plutôt « mettre bébé au propre » :D ), t’aider à t’installer confortablement pour la tétée, et t’apporter bébé… Et si ton argument au fond, c’est que TOI tu veux dormir, je suis désolée de t’annoncer que, de toute façon, tu te réveilleras en même temps que ton enfant. Et même que tu seras fraîche comme un gardon, même avec 2 heures de sommeil. Alors que Papa, lui, il n’aura rien entendu et sera toujours paisiblement avec Morphée. Et c’est TOI qui réveillera Papa, pas bébé! L’explication est hormonale. Les hommes ne produisent pas de prolactine, et cette hormone te permet de ne dormir que d’un œil, et de te réveiller au moindre signe d’éveil de ton bébé. Ton homme lui, n’en produit pas, et donc ne PEUT pas se réveiller. Bon, ça j’avoue que si les papas pouvaient avoir cette hormone, ça serait bien cool quand même… Et j’avoue aussi que mon SuperPapa™, il était pro-allaitement, donc je ne sais pas vraiment comment faire pour aider un papa à trouver sa place quand il n’est pas pro… Peut-être lui donner l’occasion de donner des biberons de lait tiré? (Attention à ne pas le faire tant que la lactation n’est pas bien instaurée, pas avant un bon mois, pour pas que bébé préfère prendre le biberon (plus facile pour lui) que le sein. Sont pas fous nos bébés!).

 -         J’ai pas envie de me priver de boire un verre, j’m’en suis déjà privé neufs mois !
Oui l’alcool passe dans le sang puis dans le lait. Mais c’est possible de boire une bonne bière ou une coupette juste après une tétée, si on sait qu’il n’y en aura pas dans les 4 heures. (Lire ici cet article de la Leche-league)

 -         Y’a plein de bonnes choses dans le lait artificiel. Des vitamines, du fer, des acides gras, je suis sûre que mon bébé aura ce qui lui faut, c’est étudié pour.
Et bien c’est encore mieux que ça dans ton sein !  Dans ton lait, il y a de l’eau, des matières grasses essentielles, des « vraies » vitamines, des minéraux, des acides aminés, des protéines, des anticorps. Et ton lait, il change de goût tout les jours ! Cela prépare ton bébé à être un petit gourmand. Et surtout c’est TON lait. Le lait artificiel, c’est fait avec du lait de vache qui a été détérioré pour le rendre plus digeste par les petits intestins. Perso, je préfère donner du lait d’humain à un humain, surtout si c’est mon bébé. Et ce lait est tout prêt, tout chaud, gratuit.

Pour ce qui est des vitamines de synthèse, une simple recherche chez mon ami Google t’en apprendra d’avantage que moi, mais en gros, ces vitamines artificielles et le fer sont mal assimilées par les organismes (enfant ou pas) car elles sont de pâles copies … De plus, le peu qui est assimilé prend la place des « vraies » vitamines apportées lors de la diversification alimentaire.

Autres ingrédients plaisants de certains laits en poudre : la taurine et les huiles végétales. La Taurine, c’est une molécule qui a été interdite dans les boissons énergisantes en France… Les huiles végétales sont de l’huile de colza, de tournesol, voire de palme. Je dis pas que c’est mauvais pour la santé, certes, c’est comestibles et apporte les graisses nécessaires. Mais Monsanto, tu connais ? Pour l’huile de palme, c’est suffisamment médiatisé et je pense que tu connais déjà les soucis qu’elle provoque. Notons tout de même que dans les laits artificiels bio, ces huiles sont bio… (*rire jaune*)

 -         Je peux savoir combien il a bu après son biberon, alors qu’après une tété, c’est pas possible.
Ton corps s’adaptera aux besoin de ton bébé. Tant que les couches sont souillées, que ton bébé est souriant, que la prise de poids est là (même minime), c’est que tout va bien ! Petit conseil : ne pèse pas bébé tout les jours, c’est plus une source d’angoisse qu’autre chose. L’allaitement, c’est une osmose entre le bébé et les seins de sa maman. Le meilleur exemple : quand il fait chaud, les bébés boivent beaucoup plus, et donc le lendemain, les seins sont tendus, remplis de lait ! Et si le bébé est un peu malade, boit moins, les seins sont plus souples, ils stockent moins. C’est une loi d’offre et de demande. Cependant, il arrive qu’on ait « moins » de lait, que bébé s’énerve au sein, que ça ne vienne pas, mais là encore, il y a toujours une explication, y’en a même beaucoup, donc ON CONSULTE ! Mais si tu as suffisamment de repos, que tu bois assez, que ton alimentation est bonne (on évite le régime végétalien, et on prend un max de protéines si on est végétarienne) ton bébé aura sa dose ! Un bébé ne se laissera jamais mourir de faim, surtout s’il a ce qu’il faut à la source. Il faut juste avoir confiance en ses capacités.

-         Mes seins sont minuscules, comment veut-tu que je l’allaite ?
Ben justement ils seront plus gros! Comme tout le monde, tu as une glande mammaire dans tes seins, c’est la graisse autour qui donne le  « format » de tes seins. Tu es capable d’allaiter! Si si, je te jure!

 -         J’ai vu une amie allaiter son bébé jusque 3 ans ! Tu te rend compte? Faut être fou !
D’une part, il est recommandé d’allaiter jusque l’âge de deux ans (en non-exclusif). D’autre part, à partir du moment où tout se passe bien, qu’elle et son enfant y prennent plaisir, que cela n’est pas une contrainte dans leurs vies, je ne vois pas où est le problème.

-         C’est trop compliqué d’allaiter, puis après faut sevrer pour reprendre le boulot, le bébé est habitué au sein, ça peut mal se passer.
Le sevrage, c’est une étape, pour toi comme pour bébé. Mais surtout elle n’est pas obligatoire ! Des solutions existent pour travailler ET allaiter. Par exemple, il est inscrit dans la loi que ton employeur doit te donner une heure par jour pour nourrir ton enfant (tirer ton lait ou bien passer chez la nounou pour la tété).  Le mieux, c’est encore une fois de se renseigner auprès des bonnes personnes et de se faire aider. Arrêter cette belle aventure de l’allaitement alors que tu t’y plait vraiment, c’est dommage, et surtout, tu pourrais le regretter un jour.

 

Voilà en gros tout ce que je pourrais répondre aujourd’hui à ces « on-dits » réellement entendus avant mon accouchement. J’en ai lu d’autre depuis, mais  je ne peux pas tout détailler… Je m’arrête donc là. Et je ne jette pas la pierre, c’est juste un manque d’information à la base. J’espère déjà que je t’aurai éclairé sur ces quelques points, et surtout que je t’aurai un peu rassurée :)

Je ne dis pas que c’est simple, facile et donné à toutes les femmes. Moi-même, j’ai mis un mois et demi à être à l’aise (peau très fine et donc hypersensible). Au début, j’ai eu des douleurs à mordre un crayon. Et je sais que j’en aurais de nouveau avec NuméroDeux™ mais je sais que je vais me battre contre ces douleurs, et que je lui donnerai mon lait jusqu’à ce que l’une de nous deux se lasse, ou n’y prenne plus de plaisir.

allaiter

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